Hélie Bécot

Mettre en mots et en livre des vies extraordinaires d'individus ordinaires : tel est le travail d'Hélie Bécot, écrivain public-biographe.

des vies à écrire

Quel a été votre parcours avant de devenir écrivain public-biographe ?

Je suis née en Vendée et j’ai vécu dans différentes villes de France avant de poser mes valises à Oullins il y a 10 ans. J’ai commencé ma carrière en tant que secrétaire avant de monter progressivement les échelons. À mon arrivée ici, j’ai été assistante de direction à CitéCréation pendant 5 ans, puis j’ai décidé de donner une autre dimension à ma vie professionnelle en passant une licence pro de conseil en écriture professionnelle et privée à la Sorbonne Nouvelle.
L’écriture avait toujours fait partie de ma vie et j’avais toujours été dans l’assistance à autrui, mais au lieu de continuer à aider et mettre en valeur une entreprise, j’avais envie de valoriser des individus.
Aujourd’hui, j’aide les personnes dans la rédaction de courriers, de CV, etc. et j’anime des ateliers d’écriture.
Mais mon activité est essentiellement centrée sur l’écriture de biographies de particuliers.

Qu’est-ce qui motive les gens à écrire leur biographie ?

Les motivations varient d’un individu à l’autre. Certaines personnes écrivent leur biographie simplement pour elles-mêmes, d’autres le font pour la transmettre à leur famille ou encore pour la publier.
Pour les personnes âgées, l’écriture d’une biographie permet parfois de renouer un lien avec l’entourage. Les petits-enfants ne se rendent pas toujours compte de la richesse de la vie de leurs ainés et le fait de lire leur biographie permet d’ouvrir un dialogue.
C’est différent pour les personnes plus jeunes dont les vies sont encore en construction. Pour elles, il peut s’agir d’un moyen de débloquer des choses en posant par écrit des expériences difficiles.

À quelles difficultés peut être confronté un biographe ?

On ne s’improvise pas biographe, écouter et écrire ne suffit pas. Il faut savoir construire le récit de l’autre en étant conscient qu’il ne s’agit pas d’une vérité historique mais de son point de vue sur l’histoire.
Bien que je ne fasse pas d’analyse, il y a très souvent, aussi, une dimension thérapeutique dans l’écriture d’une biographie et il faut en avoir conscience. Raconter ses souvenirs, c’est travailler sur soi. On me confie régulièrement des secrets de famille qui ne sont pas toujours retranscrits. Il faut trouver un équilibre, la bonne façon de dire les choses en prenant en compte l’impact que la lecture du récit peut avoir sur l'entourage aussi… Même les vies aujourd’hui apaisées n’ont pas toujours été légères.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans ce travail ?

J’adore écouter les vies des gens, c’est quelque chose qui me fascine et m’enrichit. L’écriture d’une biographie est avant tout une rencontre et je suis toujours impressionnée de voir la façon dont les personnes ont surmonté tel ou tel obstacle. Ce sont les vies des personnes âgées que je préfère, pour cette forme de sagesse que je perçois dans le regard qu’elles portent sur le passé. Il y a 4 ans, j’ai écrit un recueil de témoignages des seniors fréquentant le Goût du jour et la Californie.
Ils me racontaient leurs souvenirs d’école, leur quotidien, me parlaient de la fontaine auparavant installée place Anatole-France et des enfants qui y jouaient sur un sol en terre battue… Leurs anecdotes ont changé le regard que je porte sur la ville ! Il y a quelque chose d’exotique à se plonger dans le passé.

 

 

Octobre 2020

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